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FOOTBALL

19 décembre 2009 - 16:47

22 joueurs. Un terrain long de 90 à 120 mètres, large de 45 à 90 mètres. Un objet de 68 à 71 cm de circonférence et d’environ 400 grammes.
FOOTBALL
et 4 et 5 et 6 zéros

R de réel
Volume F (nov.-déc. 2000)
Savoir
(Articles)
 

 

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La tactique Il existe une trame générale de l’histoire de la tactique. C’est vers 1880, plus de dix ans après la naissance du football, que les trois lignes qui existent encore aujourd’hui (défense, milieu, attaque) se forment, s’organisant vers 1925 en WM (la position des joueurs sur le terrain forment le tracé de ces deux lettres). Cette tactique débouche bientôt sur un marquage individuel («je te suis partout, tu me suis partout») que certains considèrent comme un carcan nuisant à la beauté du jeu. Le WM «meurt» à Wembley en 1953, lors de la célèbre défaite anglaise contre la Hongrie (6-3). S’ouvre alors la grande époque du marquage de zone et de l’esprit d’initiative spectaculaire de l’équipe brésilienne (le 4-2-4). En réaction apparaît en 1963, à Milan, le catenaccio («verrou»), système entièrement axé sur la défense et sur l’attente (deux attaquants seulement). Nouveau changement de cap dû au Brésil et à l’Ajax d’Amsterdam dans les années 1970, avec plusieurs combinaisons (le 4-3-3 ou le 4-4-2). Liée aux choix et spécificités de chaque équipe nationale, l’opposition entre beauté et efficacité du jeu est le leitmotiv de tous les commentateurs et amateurs.

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Affiche pour la Coupe du Monde de 1954 (Suisse)


 
 

 
 
 
 
 
 
 
 
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Dessin de 1922 où Paul Nicolas, ailier, et Jules Rimet, président de la FIFA, évoquent le projet de Coupe du Monde.
 
 
 
 
 
 
  BIBLIOGRAPHIE

a. «Football et sociétés», in Sociétés et représentations, n°7, CREDHESS, déc. 1998.
b. Christian Bromberger, Football, la bagatelle la plus sérieuse du monde, Bayard, 1998.
c. «Enjeux du football», in Actes de la recherche en sciences sociales, n°103, juin 1994.
d. Patrick Vassort, Football et politique. Sociologie historique d’une domination. Éditions de la Passion, 1999.
e. Norbert Elias & Éric Dunning, Sport et civilisation, la violence maîtrisée, Fayard, 1986.
f. Patrick Mignon, La passion du football, Odile Jacob, 1998.
g. Alfred Wahl, «Les archives du football», in Sport et société en France 1880-1980, Gallimard, 1989 ; et La balle au pied. Histoire du football, Découvertes Gallimard, 1990.

NOTES

1. La soule, très prisée en Bretagne et en Picardie, opposait deux camps d’un grand nombre de joueurs (parfois une centaine !) se disputant une grosse balle, l’objectif étant de déposer cette dernière dans un lieu déterminé à l’avance (porte d’une maison, tertre, etc.). Retour au texte

2. Lors d’une partie de soule au collège de Rugby, en 1823, un joueur aurait couru le ballon à la main. S’en serait suivi une controverse, à l’origine de la différenciation entre le rugby (né en 1846) et le football. Retour au texte

3. Ce sont des Anglais qui organisent les premiers clubs sportifs : en France, le Havre Athletic Club, en Russie, le Dynamo de Moscou. Dans les colonies britanniques, on joue au football dès les années 1870. Retour au texte

4. Du fait de l’instauration du repos du samedi après-midi en 1860, et de l’apparition de clubs parrainés par les paroisses ou par les entreprises. Retour au texte

5. La Fédération Française de Football (22 000 clubs) peut se prévaloir de deux millions de licenciés ; c’est la plus grosse des fédérations sportives françaises. Retour au texte

6. Cf. A. Markovits, « Pourquoi n’y a-t-il pas de football aux États-Unis ? », in Vingtième siècle, n°26, 1990. Les États-Unis ont eu beau organiser le Coupe du Monde en 1994, le « soccer » n’y est pas devenu médiatique. Retour au texte

7. Thierry Roland, sur la Coupe de 1990, in La fabuleuse histoire de la Coupe du Monde, éd. la Martinière, 1994. Retour au texte

8. D’une moyenne de 12 000 spectateurs par match de 1e division en 1950, le public des stades français est tombé à 7000 en 1968, puis est remonté à 12 000 spectateurs en 1987-88. Retour au texte

9. Une seule règle un peu complexe, le hors-jeu (interdiction pour un attaquant de se retrouver derrière la ligne formée par deux défenseurs adverses), établie en 1925. Retour au texte

10. En Italie, les commentateurs précisent à la fois la position du joueur et son option tactique : ainsi on parle de terzino fluidicante (arrière latéral fluide, porté à l’offensive) ou de terzino marcatore (arrière latéral chargé du marquage individuel). Retour au texte

11. Ce que fait P. Parlebas (Éléments de sociologie du sport, P.U.F., 1986). Retour au texte

12. Jean Giraudoux, préface à La Gloire du football, Aubier-Montaigne, 1933. Retour au texte

13. C’est la thèse de J.Huizinga, Homo ludens. Essai sur la fonction sociale du jeu, 1938, rééd. Gallimard 1988. Retour au texte

14. L’ouvrage fondateur de ce courant critique du sport est le numéro spécial « Sport, culture et répression » de la revue Partisans, n°43, rééd. Maspero, 1972. Jean-Marie Brohm a par ailleurs fondé, en 1975, la revue Quel corps ? Retour au texte

15. Coubertin (1863-1937), in Les sports athlétiques, 1892. Retour au texte

16. Cf. Bero Rigauer, Sport et travail, 1966. Retour au texte

17. En Italie, les footballeurs sont cotés, au calcio mercato. Retour au texte

18. M. Oger, in L’Auto, 8.IV.1936, cité par Brohm in 1936. Jeux Olympiques à Berlin, éd. Complexe, 1983 — où il est rappelé que Coubertin saluait en Hitler « l’un des plus grands esprits constructeurs de ce temps », et où sont publiés des documents accablants pour le Comité International Olympique. Retour au texte

19. Corriere della Serra, 9.VI.1934, cité in D.Braun, La Coupe du monde de football, 1930-1934-1938, mémoire de maîtrise, Paris I, cité in (d). Retour au texte

20. D.Braun in Une passion planétaire, l’amour foot, Autrement, n°80, mai 1986. Retour au texte

21. Coubertin, in Le Journal, 27.VIII.1936, qui dans cette même interview affirme : « Quoi, les Jeux défigurés, l’Idée olympique sacrifiée à la propagande ? C’est entièrement faux ! La grandiose réussite des Jeux de Berlin a magnifiquement servi l’idéal olympique. » Retour au texte

22. Cf. E. Archetti, « Place et fonctions du comique et (ou) du tragique dans le discours des supporters du football argentin », in Anthropologie du sport, Actes du colloque tenu à Paris-Sorbonne, AFIRSE, 1991. Retour au texte

23. À ce titre, l’intérêt suscité par la Coupe du Monde 1990 (demi-finale Angleterre-Italie) est un fait nouveau. Retour au texte

24. B. Murray, in (c). En 1989, pour la première fois, un joueur catholique rejoint les Rangers ; s’ensuit une très vive polémique. Retour au texte

25. Le « virage » est appelé curva en Italie, ends ou terraces en Angleterre. Retour au texte

26. A. Ehrenberg, « Les hooligans ou la passion d’être égal », in Esprit, août-sept. 1985. Son analyse rejoint celle de Dunning in (e). Retour au texte

27. Respectivement Ch. Bromberger et P. Mignon, in L’Événement, 23.IX.2000. Retour au texte

28. A.Ehrenberg, in Autrement, n°80. Cf. aussi « Le hooliganisme, sous-produit de la passion de l’égalité », in Libération, 20.IV.1989. Retour au texte

29. B. During & J.M. Faure, in tdc, n°755, 1-15.V.1998. Retour au texte

30. L’arrêt de la Cour de justice européenne étend l’article 48 du traité de Rome (concernant la libre-circulation des travailleurs) aux associations sportives. Retour au texte

31. Libération, 1.IX. 2000. Retour au texte

32. La fréquentation des stades est faible en France : en 1996-97, la moyenne était de 14 000 personnes par match (de 1e division), contre 30 000 en Italie ou en Angleterre, ces pays subissant cependant également une désaffection des stades. Retour au texte

33. Ainsi Ian Taylor et John Clarke, dont Elias & Cunning (e) réfutent la thèse, arguant du fait que les hooligans se battent aussi entre eux. Retour au texte

34. Le Monde, 10.VII.1998. Retour au texte

 

 22 joueurs. Un terrain long de 90 à 120 mètres, large de 45 à 90 mètres. Un objet de 68 à 71 cm de circonférence et d’environ 400 grammes. Deux buts de 7,32 m de largeur sur 2,44 mètres de hauteur. On appelle cela le football.
 Il y a eu d’autres jeux, d’autres balles, d’autres jeux de balle avant le foot : la Chine jouait au tsu-chuhaspartum dans l’Antiquité et le calcio florentin et siennois à la Renaissance. La France s’est passionnée pour la soule du XIe au XIXe siècle(1). C’est cependant l’Angleterre qui reste, sans conteste, le pays pionnier du football. Les règles y sont codifiées en 1863 (date de la création, à Londres, de la Football Association) : elles distinguent définitivement le football et le rugby(2). Le football est alors pratiqué par les élèves des très élitistes public schools, à une époque où la pratique du sport, vantée pour ses vertus éducatives, traduit la volonté d’affirmer un style de vie moderne et aristocratique. Le jeu se répand bientôt en Europe continentale et dans le monde, par le biais des immigrants anglais(3). Parallèlement, il devient de plus en plus populaire(4) - évolution symbolisée par la victoire des ouvriers de Blackburn sur l’équipe d’Eton en finale de la Cup, en 1883. La FIFA (Fédération Internationale de Football Association) est créée en 1904. Cent ans plus tard, elle contrôle les fédérations de près de deux cents nations(5).
 22 joueurs. Une surface verticale lumineuse d’environ 250 cm2. On appelle cela le football. Non plus un sport, mais un spectacle. La Coupe du Monde de 1998 a réuni trois milliards de spectateurs : la télévision a construit une mémoire collective, un fait de culture quantitativement si important qu’il est régulièrement qualifié d’« universel ». Certes les États-Unis s’en désintéressent(6). Qu’à cela ne tienne : « sur la pelouse ont été disposés d’énormes ballons représentant les cinq continents, et au centre une énorme sphère symbolisant l’universalité du football »(7). C’est la fête. C’est l’union sacrée d’un pays autour de son équipe, autour d’un affrontement symbolique, esthétique, apolitique, loyal, çà et là (et bien malgré lui) terni par quelques affaires de gros sous ou de dopage : voilà un « consensus politique dur, d’où l’émergence de toute pensée critique semble impossible »(d).
deux cents ans avant notre ère ; l’Italie pratiquait l’

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Pourquoi le football ?

 Le mot « football » renvoie à un éventail de pratiques très diversifiées, de l’amateur au joueur professionnel, du supporter d’un club précis au spectateur des grandes rencontres internationales. C’est l’emprise croissante du football-spectacle qui tient actuellement lieu de phénomène de société digne d’attention. Le spectacle télévisé mobilise les foules - un public familial, sociologiquement bien plus large que le public des stades - et qui par ricochet permet de remplir à nouveau ces derniers(8) - car en France, le regain d’intérêt pour le football, dû aux bons résultats de l’équipe nationale, est un phénomène récent. Phénomène qui, accru par le battage médiatique, s’auto-alimente lui-même. On peut certes ne pas céder. Refuser de regarder la Coupe du Monde. Reste cependant à comprendre pourquoi les foules acceptent de se prendre au jeu à si grande échelle. Car ce n’est pas sans raison objectives que le football, plutôt qu’un autre sport, jouit d’un tel succès.
 La popularité du football est tout d’abord due à la simplicité du jeu : tout le monde connaît grosso modo les règles du football : 1 but=1 point, des interdictions en nombre limité(9) ; il n’est point besoin de connaître toutes les subtilités tactiques pour apprécier le jeu(10) (cf. encadré). Le fait que le football puisse se jouer en amateur sur n’importe quelle surface, aménagée ou non (l’image d’Épinal d’enfants pauvres jouant sur un terrain vague avec une boîte de conserve), est également déterminant : l’identification du quidam avec le champion est facile - et assez large puisque, contrairement à bien d’autres sports, le football ne requiert pas de caractéristiques physiques particulières. L’attrait du football en lui-même est également la conséquence de données objectives. Le football est à la fois un sport et un jeu : il ne se restreint pas à être une quête de la performance. S’il ne s’agit pas ici de classifier l’intérêt des sports les uns par rapport aux autres(11), il n’en demeure pas moins que certains offrent une plus large palette de comportements et d’émotions que d’autres. Les coureurs ou les gymnastes ne jouent pas. Les tennismen jouent, mais ils jouent seuls. Le football est quant à lui, du fait de sa dimension collective, un jeu au sein duquel le hasard joue à plein : « Plus encore que le roi des sports, le football est le roi des jeux. Tous les grands jeux de l’homme sont les jeux avec une balle, que ce soit le tennis, la chistera ou le billard. La balle est dans la vie ce qui échappe le plus aux lois de la vie. Elle a sur la terre l’exterritorialité de quelque bolide provisoirement apprivoisé. » (Giraudoux)(12)
 En un mot, c’est la simplicité de la compréhension des règles du jeu mêlée à la complexité du déroulement du jeu qui ferait l’attrait du football. Les paramètres y sont trop nombreux (et parmi eux, le rôle de l’arbitre) pour minimiser le rôle du hasard. Dès lors le jeu, qui se place dans une réalité autre, a valeur de métaphore. Il « donne à voir de manière caricaturale et réaliste l’incertitude des statuts individuels et collectifs (ascension et déchéance des joueurs, symbolique du banc de touche, évaluation des équipes) ». Il est une « métaphore de la fortune et du destin »(b) ; il est une réflexion sur l’équilibre entre le rôle de l’individu et le travail d’équipe (divisions des tâches, solidarité, planification). Certes, dira-t-on, mais en quoi le football se différencie-t-il alors du basket-ball ? Sans doute la différence réside-t-elle en une petite - mais fondamentale - originalité : la possibilité, du fait de la grande taille du terrain, de tricher, de donner de « multiples leçons de friponnerie »(b). La notion de « faute intentionnelle », en apparentant le football à une tragi-comédie, ravive le plaisir du jeu - et donne lieu à des débats dramatisés sur la légitimité et l’arbitraire de la justice. Simplicité, hasards, complexité, injustices : le sociologue Christian Bromberger n’hésite pas à comparer le football à un « drame philosophique »(b).

§
Sociologie critique du sport

 L’analyse fondatrice sur le sport moderne est celle d’Elias et Dunninge. Réfutant l’idée selon laquelle, de tous temps et dans toutes les civilisations, les jeux corporels et compétitions ont existé de manière comparable(13), Elias et Dunning affirment que l’apparition du sport est liée au concept de « libération contrôlée des émotions ». Selon eux, le sport moderne (né à la fin du XIXe siècle) se caractérise par l’existence de règles écrites et uniformes codifiant les pratiques, par l’autonomisation du spectacle du jeu et par l’abaissement du degré de violence permise. L’étude du « football populaire » (équivalent de la soule) dans l’Angleterre médiévale sert d’appui à leur analyse. Une proclamation du lord-maire de Londres, en 1314, témoigne de la violence de l’ancien jeu : « à cause d’un certain tumulte provoqué par des jeux de football dans certains terrains publics, qui peuvent provoquer de nombreux maux - ce dont Dieu nous préserve - nous décidons d’interdire, au nom du roi [Édouard III], sous peine de prison, que de tels jeux soient pratiqués désormais dans la cité ». La naissance du sport moderne témoignerait donc de la baisse de la violence permise dans la société.
 Certains sociologues ont repris l’analyse d’Elias et Dunning, tout en lui adjoignant une portée critique (d’inspiration marxiste) qu’elle n’avait pas. C’est Jean-Marie Brohm qui est le précurseur, dès le milieu des années 1960(14), de ce courant critique. La différence entre le sport et le jeu est, selon Brohm, une « rupture historique » : là où le jeu serait une contestation de l’ordre établi, le sport ne serait qu’une activité physique conçue en termes de rendement. Né en Angleterre en même temps que la société capitaliste et que l’impérialisme politique et économique, le sport serait inséparable de cette société et de ses valeurs. En cela, Brohm n’est pas si loin d’Elias et de Dunning : ce dernier reconnaît que « la tendance mondiale et dominante du sport moderne est une compétitivité croissante »f. Il s’en éloigne lorsqu’il affirme que plus que de faire décroître la violence, il s’agit alors de la canaliser. Car, demande son disciple Patrick Vassortd, qui peut affirmer que la violence du XVIe siècle est supérieure à celle du XXe siècle ? Le « viol des foules par la propagande politique »(d) n’est-il pas équivalent à la violence physique ? De fait, le sport a une fonction de légitimation de l’ordre établi : censé être une compétition de tous contre tous à armes égales (ce qu’il n’est pas selon Brohm), il est une métaphore de l’égalitarisme démocratique (qui n’existe pas selon Brohm).
 Contre le mythe du sport éducatif et apolitique, les tenants du courant critique citent les dérives (et il y en a beaucoup) des discours sur le sport, ainsi celles de Pierre de Coubertin : « Oh ! de l’initiative ! le football vous en donnera, j’en suis convaincu. C’est sur lui que je compte pour vous empêcher d’enfermer vos ambitions dans un portefeuille, de faire de quelques ronds de cuir les étapes de votre vie. Mais regardez donc ce vaste monde qui est ouvert à vos énergies ! Si vous êtes plus tard un grand commerçant, un journaliste distingué, un explorateur hardi, un industriel avisé, le comptoir que vous ouvrirez au loin, l’agence de nouvelles que vous établirez, le territoire que vous parcourez, le produit perfectionné que vous lancerez, seront autant de victoires pour la France [...] Pour ces œuvres-là, il faut être un homme d’initiative, un bon joueur de football, n’ayant pas peur des coups, toujours agile, de décision rapide, conservant tout son sang-froid. [...] Je voudrais que vous ayez l’ambition de découvrir une Amérique, de coloniser un Tonkin, et de prendre Tombouctou. Le football est l’avant-propos de toutes ces choses. »(15) Assimiler la colonisation « d’un » Tonkin à la pratique footballistique, un « geste de fascisme ordinaire »(d)credo des instances sportives nationales et internationales sur le caractère ludique et apolitique du football. Certes de temps à autre, les médias sont mal à l’aise - tout comme ils peuvent être mal à l’aise lorsque le corps de l’homme se fait trop machine(16) (une machine programmée et planifiée dès l’enfance, une mécanique dopée, une marchandise sur laquelle on investit(17)). Mais pourquoi être mal à l’aise, puisque ces dérives ne sont pas des dérives mais l’essence même du sport ? demande le courant critique, lequel a le mérite de tempérer la candeur généralisée de mise lors des grandes liesses sportives. Car cette candeur a-politique, a-économique, cette candeur fair play, c’est elle qui faisait écrire à un journaliste sportif, en 1936 : « La question juive est délicate ; nous regrettons que les sportifs juifs allemands n’aient pas les mêmes libertés que les sportifs qui ne sont pas Juifs [...] Mais on ne peut pas, à l’occasion des Jeux Olympiques, discuter la constitution politique d’un pays ; ce serait diviser les sportifs d’une nation en deux clans. [...] Éloignons toujours le sport des controverses politiques sur les formes de gouvernement. »(18) Et Gœbbels de renchérir, la veille de l’ouverture des Jeux à Berlin : « Je souhaite que ces Jeux Olympiques soient une véritable fête de la paix qui serve au bien de tous et édifie un pont sur lequel toutes les nations puissent se rencontrer ».
pour Patrick Vassort : le sport est rehaussé au niveau de l’homme, l’homme abaissé au niveau du sport. De fait, il est des métaphores guerrières qui s’accordent mal avec le

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Football et politique

 Tous les régimes politiques, quels qu’ils soient, se sont intéressés et continuent de s’intéresser au sport. Les articles sportifs des années 1930 regorgent bien sûr d’enthousiasme nationaliste. Les succès de la Squadra azzurra lors des Coupes du Monde de 1934 et 1938 sont mis au compte de la supériorité du fascisme : « Cela paraît bête, à première vue, de voir sur un terrain de football des milliers de personnes s’enthousiasmer pour vingt-deux hommes qui poursuivent un ballon. Mais soudain on comprend : il suffit de remarquer qu’onze de ces hommes portent un écusson sur le cœur. On est alors envahi par la divine passion qu’on porte inévitablement à tout ce qui est nôtre, à tout ce qui porte la marque de notre race, aux couleurs de notre drapeau »(19). Depuis, toutes les Coupes du monde sans exception témoignent de ce lien indissoluble : « cet âge d’or d’un sport pur que l’argent et la politique n’auraient pas souillé n’a jamais existé »(20) - si ce n’est dans le jeu, or le jeu n’est pas le sport ; si ce n’est dans l’amateurisme, or dans les compétitions (dixit Coubertin dans un accès de franchise) « il n’y a pas, il n’y a jamais eu d’amateurisme »(21). Le football suit fidèlement les aléas des relations internationales. Participations et non-participations sont significatives. Ainsi en 1950, la Yougoslavie (qui a été condamnée par le Kominform en 1948) est le seul pays communiste à participer à la Coupe du Monde. Le sport suit la diplomatie, naturellement. Et la diplomatie se sert du sport : « Il est certain que des nations organisatrices ou participantes ont exploité la Coupe du Monde à des fins bien précises. C’est en particulier le cas de nations jeunes (ainsi l’Uruguay et l’Argentine en 1930), qui ont vu là un bon moyen d’éveiller la fibre nationaliste de la population. »(20). Et tout comme les pays de l’Est dans les années 1960, la Chine utilise actuellement les Jeux Olympiques pour redorer son image internationale.
 Le cas de la Coupe du Monde organisée par l’Argentine en 1978 montre qu’on ne saurait cependant considérer le sport comme entièrement inféodé à la politique. De fait, si c’était bien afin d’obtenir une reconnaissance internationale que le régime de Videla a voulu organiser la Coupe du Monde, les choses se sont avérées plus complexes. Car la contre-publicité a été tout aussi spectaculaire que la publicité : de multiples comités militant pour le boycott ont vu le jour, et dans les stades on a pu entendre résonner le chant « se va a acabar, se va a acabar, la dictadura militar ». Le football a donc aussi bien été récupéré par le pouvoir oppresseur que par les mouvements de résistance : « La Coupe du Monde a soulevé des forces collectives énormes qui ne peuvent être réduites à de simples effets de manipulation des foules »(a). C’est également une récupération politique complexe qui s’est produite lors de la qualification de l’Iran pour la Coupe du Monde en 1998. Censée être un symbole de l’ouverture du pays, cette qualification a été le reflet des aspirations et contradictions de la société iraniennea : elle a suscité des polémiques sur la présence des femmes dans les stades, a provoqué l’émergence de héros en marge des modèles conventionnels et un inattendu débridement public des émotions (la fête étant jusqu’alors cantonnée à l’espace privé des maisons, par opposition à la rue soumise à l’ordre). Et les hommes politiques de tous bords ont dû admettre, aux côtés de la lutte (zurkhâne), sport traditionnel national, l’existence du football.

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Logiques partisanes

 Le football est un jeu/sport qui regroupe toutes les caractéristiques propres à faire de lui un rituel festif, un spectacle engendrant une communication symbolique entre les participants. L’aspect mythique du football est perceptible dans la théâtralisation(22) que constitue la recréation des identités au sein du stade : « tête d’or », « le marquis », « la brodeuse », « poisson volant », etc. - autant de surnoms inventés par les supporters argentins, agrémentés de chants très diversifiés : « Nous avons un goal / Qui est une merveille / Il arrête les penalties / Assis sur un fauteuil / River champion ! River Champion ! des billes et du ping-pong ! / River ! River ! River ! » Les supporters forment l’ensemble spécifique des spectateurs « actifs » du football, qui conçoivent le sport en termes de militantisme. La mobilisation partisane peut concerner un club, une ville ou un pays. L’attachement identitaire des amateurs de football à une communauté ou à un territoire est extrêmement variable suivant les pays. Ainsi l’Italie ou l’Angleterre possèdent de très puissants mouvements de supporters à l’échelle du club d’une ville spécifique - d’où la relative indifférence de ces deux pays face à leur équipe nationale(23). En France au contraire, l’engouement pour l’Olympique de Marseille fait figure d’exception. Le football peut par ailleurs être le reflet d’appartenances politiques ou sociales cruciales : à Barcelone, le Barça, farouchement catalan, s’oppose au Real Club Deportivo Español, centraliste ; à Glasgow, « le microcosme du stade » où s’affrontent le Celtic (club catholique fondé par des Irlandais) et les Rangers (protestants et unionistes) a, tout au long du siècle, renvoyé une image de « la tragédie qui se joue en Ulster »(24) ; à Turin, la Juventus, qui appartient aux Agnelli (propriétaires de Fiat), est considérée comme bourgeoise par les supporters du club de Torino.
 Deux foyers sont à l’origine des mouvements actuels de supporters : l’Angleterre, où s’est produite la naissance tapageuse des hooligans (les teddy boys, « blousons noirs ») au début des années 1960, et l’Italie, qui a vu paraître les ultras au début des années 1970. Ces deux noyaux constituent des modèles pour le reste de l’Europe (suivant une coupure Nord-Sud) : ainsi le groupe des ultras marseillais est calqué sur le modèle des supporters de la Juventus de Turin, alors que les supporters du PSG sont organisés sur le modèle britannique, surnommant leur virage Kop, par référence au stade de Liverpool - les « virages »(25) étant les secteurs bien particuliers du stade, situés derrière les buts, où se rassemblent les supporters. Le virage est un territoire ; chaque virage a son code de l’honneur, ses rituels, ses chants, ses fanzines. Ces derniers se développent à partir des années 1980, certains (tels le défunt Off the Ball ou When Saturday Comes, en Angleterre) ayant une audience nationale. Par ailleurs, le football tisse des liens avec la culture popf : les supporters sont parfois maquillés comme les stars du glam rock, dont proviennent quelques-unes des plus populaires chansons des stades : Come on, come on (Garry Glitter), We are the champions et We will rock you (Queen).
 Qui sont les hooligans ? « Des gens qui aiment le football, le connaissent et éventuellement le pratiquent. Les instances dirigeantes du sport se trompent - ou trompent leur monde - en affirmant que ces voyous n’ont rien à voir avec le football. On comprend clairement les raisons de cette stratégie qui permet de sauvegarder la pureté d’un sport en se débarrassant de spectateurs manifestement trop encombrants. »(26). Le grand public les appréhende à travers des actes de violence parfois extrêmement graves (le drame du Heysel, le 29 mai 1985, en finale de Coupe d’Europe) - d’où l’amélioration des normes de sécurité des stades (laquelle ne fait que déplacer les actions des hooligans en périphérief). Brombergerb tente de nuancer l’image traditionnelle que l’on s’en fait : jeunes à la dérive, victimes du chômage, sous-prolétariat séduit par l’extrême-droite (les ultra-sur franquistes du Real de Madrid et les skinheads racistes). Hormis le critère de l’âge (15-25 ans), les supporters constituent en effet des groupes assez hétérogènes. En Angleterre, il ressort des enquêtes que l’on trouve parmi eux aussi bien des jeunes de la rough working class (classe ouvrière dure) que des casuals ou boy-next-door (« voisins de palier »), supporters à l’apparence ordinaire, bien habillés, aisés, un peu plus âgés - et tout aussi violents. De même à Marseille, où le virage nord du stade (la North Yankee Army) recrute dans les classes populaires des quartiers nord de la ville, alors que le Commando ultra regroupe une population plus aisée.
 Quant aux débridements de violence verbale, quelle valeur réelle leur accorder ? Là encore, la prudence est de mise. Si certaines paroles lourdes de sens « témoignent des peurs et des haines qui traversent le corps social », d’autres, à l’inverse, relèvent de la logique du jeu, qui « consiste à faire usage de tout stigmate disponible pour disqualifier l’autre »(b). Le jeu est alors vécu comme une réalité autre, les insultes participant de la nature de tout spectacle. Bromberger invite à distinguer le racisme « arbitraire » (joueur comme bouc émissaire passager) et le racisme « motivé » (où il y a adéquation de la parole et de la pensée). Il donne l’exemple ambigu de Bell, goal camerounais qui fut adulé par le public de l’OM lorsqu’il jouait à Marseille et conspué de propos racistes lorsqu’il partit jouer à Bordeaux. De même, lorsque Georges Weah a annoncé son départ pour Milan en 1995, on a pu voir des banderoles fascistes dans le stade. Qu’en déduire ? Qu’il « serait fou de croire que le football puisse être le remède à tous nos maux ; notamment que la xénophobie s’efface du jour au lendemain comme par enchantement », mais aussi qu’« il n’y a pas plus de racisme dans le fooball qu’ailleurs, sauf que c’est plus spectaculaire. Des gens condamnés à être des spectateurs passifs dans la vie passent à l’acte. »(27) De fait, la structure hiérarchique du stade n’est pas celle de la vie réelle (celle du monde du travail et du statut social). Pour les supporters, le football est le lieu de l’accomplissement personnel et de la reconnaissance. L’hooliganisme n’est provoqué ni par la trop forte consommation d’alcool, ni par la violence sur le terrain de jeue. « L’hooliganisme est la rencontre brutale entre deux réalités : l’exclusion de la promotion sociale, l’impossibilité vécue au jour le jour d’entrer dans un système méritocratique, et l’idéal démocratique du sport. [...] Les débordements de spectateurs ne peuvent être considérés comme une hystérie collective produite par le seul fait du rassemblement. Ils ne sont pas le résultat d’une quelconque mécanique des foules »(26) : ils témoignent d’une « rage de paraître » - la violence est une « mise en scène spectaculaire de l’identité pour ceux qui ne peuvent la jouer ailleurs »(28).

§
Et 1 et 2 et 3 et 4 et 5 et 6 zéros

 « Les médias traitent du foot de façon pour le moins étrange. D’un côté, une littérature célébrant les dieux du stade, les résultats et les événements marquants de l’année. De l’autre, des tentatives d’autopsies d’“affaires” présentées comme les dérives d’un sport devenu fou. Le caractère séparé de ces productions permet d’opposer la pureté originelle du sport à des pratiques scandaleuses. [...] Or l’argent n’est ni bon ni mauvais en soi, et qui pourrait définir le seuil à partir duquel il y aurait “dérive” ? [...] Il faut changer de terrain et analyser les modes d’organisation du football professionnel français qui rendent possibles les scandales. »(29) De fait, ce sont les transformations économiques de clubs professionnels qui, partout en Europe, sont devenus de véritables entreprises, qui sont à l’origine des dysfonctionnements. L’achat des joueurs n’est pas un phénomène récent. Le système du transfert s’est mis en place dans les années 1925-1926 : dès cette époque, certains clubs paient des compensations aux clubs auxquels ils ont « pris » un joueur. C’est en 1973 qu’a lieu le premier « transfert du siècle » (expression consacrée pour désigner tout gros transfert) : Jahna Cruijff quitte l’Ajax d’Amsterdam pour aller au F.C. Barcelone, pour la somme de 9 millions de francs. Les chiffres ne cessent de monter au cours des années suivantes. En 1995, l’arrêt Bosman établit la libre circulation des joueurs de l’Union Européenne(30). Les derniers transferts les plus importants sont, en l’an 2000, ceux du portugais Luis Figo (404 millions de francs, de Barcelone au Real Madrid) et du français Nicolas Anelka (220 millions de francs, du Real Madrid au PSG).
 « Il y a trois ans, quand Barcelone a vendu Ronaldo à l’Inter pour 160 millions de francs, le monde du foot était sur le cul. Aujourd’hui, on est presque à 500 millions... Il n’y a aucune raison que la courbe s’inverse », affirme Philippe Piat (Président de l’Union nationale des footballeurs professionnels)(31). La spéculation bat son plein : les clubs les plus riches (ainsi le Milan-AC de Berlusconi) achètent les meilleurs joueurs afin d’empêcher les clubs rivaux de les posséder - quitte à les laisser sur le banc de touche. La Commission européenne s’est emparée de la question des indemnités de transfert : elle souhaite abolir le système des transferts, et faire respecter le droit classique du travail - actuellement, un joueur ne peut ni démissionner de son club ni choisir son employeur (il est une marchandise, disent ceux qui s’en scandalisent ; « en cas de bras de fer avec un club, le joueur l’emporte toujours », rétorque Guy Roux, ex-entraîneur d’Auxerre(31)). La Commission européenne s’inquiète également de la protection des jeunes joueurs, non responsables juridiquement car mineurs - afin d’éviter les scandales que l’on sait : de très jeunes joueurs africains amenés en Europe, sans papiers ; les meilleurs régularisés en intégrant l’effectif du club, les autres relâchés dans la nature. Les professionnels du football résistent, de peur  que le système qui draine des milliards chaque année disparaisse.
 Comment ce système s’est-il mis en place ? Il est la conséquence de la transformation du football en un sport-spectacle médiatique. En 1974, la télévision française consacrait au football 10 heures par an. En 1994, on est passé à 509 heures par an : le football représente les meilleurs taux d’audience, tous programmes confondus. Naturellement, les coûts des droits de retransmission ont crû de manière exponentielle ; les dirigeants des clubs se sont donc retrouvés à la tête de sommes d’argents colossales, et se sont employés à le dépenser : d’où l’explosion des salaires des joueurs et des responsables. L’étude des recettes des clubs professionnels français (saison 1997-1998)f est évocatrice : droits de retransmission télévisée 25,1% ; mouvements de transfert 20,2% ; sponsors 19,7% ; spectateurs 13,1% ; collectivités locales 10,8%. Très évocatrice lorsque l’on sait que la part des billets des spectateurs dans les recettes des clubs était de 81% en 1970, et encore de 50% en 1985 ! S’ils sont encore nécessaires en termes d’image (car un stade à moitié vide est peu valorisant)(32), les spectateurs ne le sont donc plus financièrement : des deux expériences du football, spectacle en direct ou spectacle télévisé, c’est ce dernier qui a pris le dessus. D’où la transformation des clubs les plus importants en sociétés anonymes cotées en bourse.
 S’ensuit la rupture entre les clubs de 1e division et ceux de 2e, 3e, 4e divisions - rupture qui ne va pas sans froisser les fans des petits clubs, notamment au Royaume-Uni (certains sociologues ayant vu là la cause de l’hooliganisme(33)). « L’apport d’argent a modifié les politiques de recrutement des clubs les plus riches : appel au marché des transferts plus qu’à la formation »f. Les possibilités d’ascension du local au national sont donc moindres ; les stades sont construits loin des quartiers défavorisés - et ils drainent un public de moins en moins nombreux. De fait, « entre le football des grandes équipes et le football populaire, la distance est telle qu’il n’existe plus, du moins en Europe, de continuité entre amateurs et professionnels. Dans les années soixante, ces derniers provenaient des petits clubs [...]. Aujourd’hui, précocement repéré, sélectionné, le jeune joueur quitte l’espace profane de la compétition amateur pour entrer dans un espace séparé où il sera entraîné, préparé et produit pour la performance. »(29)

§

 Le foot est le plus beau des sports, alors le foot est la plus belle des vitrines. Vitrine des villes désireuses d’attirer les investisseurs. Vitrine des hommes politiques (locaux ou nationaux)  désireux d’attirer les électeurs. Vitrine des grands patrons désireux d’attirer les acheteurs : en 1929, Jean-Pierre Peugeot créait le F.C. Sochaux ; en 1983, Jean-Luc Lagardère créait le Matra-Racing. Vitrine des grands groupes désireux de s’acheter une bonne conscience : en 1998, Danone participait à l’opération Cités Foot - opération devant permettre à des enfants d’Afrique et d’Amérique latine de jouer les levers de rideau de demi-finales de Coupe du Monde. De grandes affiches ornaient Paris : « Mercredi, Moussa aura 80 000 spectateurs pour l’encourager ». Sur la photo, Moussa et Abdou jouaient au foot sur la place de leur village. Mais en fait, Moussa et Abdou n’étaient pas en France avec ceux de Cités Foot. En fait, Moussa et Abdou ne s’appelaient pas Moussa et Abdou. Les photos avaient été achetées et les prénoms inventés : « nous voulions mettre des enfants de Cités Foot, mais leurs prénoms anglo-saxons ou imprononçables ne collaient pas à l’image que nous voulions donner »(34). Quelle image le foot veut-il donner ?

Laetitia Bianchi


 

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